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Témoignage d'Odette Chevallier

Le 10 juin 1944 ...

 

Le 10 juin 1944, j'avais 13 ans, je vivais avec mes parents et ma soeur à la Criquetière.

Il devait être 17 heures, et nous devions nous réunir dans l'église avec l'abbé Barrier pour la préparation à la communion.

Tout à coup, un fort bruit de moteur, nous levons la tête et nous voyons les avions larguer leurs bombes, faire un grand tour dans le ciel et lâcher de nouvelles bombes. Par chance, notre église n'a pas été touchée ce jour-là. Le coeur de notre village était détruit, alors dans la frayeur nous nous sommes séparés.

Le soir même, nous avons quitté la maison et nous nous sommes retrouvés au Val Clair dans une grange avec une vingtaine de personnes où nous avons passé notre première nuit. Nous y sommes restés une semaine, puis après quelques jours d'exode, nou sommes arrivés aux Îles-Bardel au bord de l'Orne pas très loin de Pont-d'Ouilly.

Nous étions bien installés, si l'on peut dire, nous sommes restés jusqu'à la fin du mois d'août, où nous avons été libérés par des Anglais après un tir d'artillerie nourri pendant deux jours.

Nous étions une quinzaine de civils dans un abri de terre et dans une cave, personne ne fut blessé.

Plus tard, nous sommes repartis sur la route avec une compagnie allemande et avons subi de nouveaux mitraillages. L'un d'eux nous fit courir ma soeur et moi comme des folles, un Allemand alors, dans un geste merveilleux, nous a attrapées, nous a plaquées au sol et nous a protégées de son corps.

Plus tard, nous avons subi encore des tirs d'artillerie. Derrière une maison il y avait un Allemand mort. Nous, les enfants, on ne comprenait pas bien, alors malgré la défense de nos parents, nous avons vu les hommes de notre grange qui prenaient les habits et les armes, puis ont creusé un trou pour l'ensevelir.

Nous avons été libérés le 22 août 1944. Nous avons vu, vers 16 heures, arriver deux soldats avec une tenue différente de nos oppresseurs, casque à fond plat, gants à la ceinture, toute petite grenade ronde et surtout le petit fusil court, c'était notre première mitraillette.

Ils se sont approchés de nous. Ma soeur et moi, nous avons joint nos mains, ils nous ont donné du chocolat et du chewing-gum alors inconnu de nous les petites Françaises. Ensuite, avec les adultes cela a été une grande joie. Le maître de séant a sorti la bouteille de Calva, c'était la fête.

Deux jours plus tard, nous sommes rentrés à Bretteville sur Laize dans des conditions précaires. A la Criquetière, notre maison était encore debout, mais sans toiture ni fenêtres. L'hiver 44 a été très froid, nous avons souffert de tout mais nous étions LIBRES.

 

Classe d'Odette Chevallier dans l'école des filles (actuelle rue Léon Guigné) avant le bombardement

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