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Les Bretons de Bretteville sur Laize

Rôle de la JAC (Jeunesse Agricole Catholique) dans l'immigration bretonne à Bretteville sur Laize

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Au début des années 50, Bretteville devient terre d'accueil pour des jeunes bretons militants au sein d'un mouvement rural émancipateur : la JAC (Jeunesse Agricole Catholique). A la sortie de la guerre 39-45, ce mouvement, d'essence religieuse-progressiste, très dynamique en Bretagne, puise son énergie dans une jeunesse ambitieuse de vivre mieux en bénéficiant solidairement du progrès scientifique et social.

L'exposition itinérante "La Maison Rurale" en est l'outil de vulgarisation. Cette exposition, crée en Bretagne par l'association "Les amis de la maison paysanne" elle-même initiée par Paul le Saux, frère de Marie Bourneuf sillonne tout l'ouest de la Gironde à la Somme et est accueillie dans 118 villes. Les animateurs sont bénévoles et nouent entre eux de solides amitiés. Ils se désignent au cours de cette aventure sous des surnoms divers : Guy Chapron est Binoche, Jean Lavenant est le Chanoine, Paul Bourneuf est le Bidasse, Robert Le Saux est l'Autruche.

Au cours du périple de cette exposition, le couple de militants de la JAC, Pierre et Marie Mézou noue des liens d'amitié avec eux et ils rêvent de vie et de travail communautaires. Marie et Pierre Mézou, Marie et Paul Bourneuf, et Jean Lavenant, Robert Le Saux et Guy Chapron, après des parcours parallèles se retrouvent poru fonder une colonie bretonne à Bretteville. Plusieurs d'entre eux tentent pendant un certain temps une expérience de Communauté de Vie et de Travail. Si plus tard, Robert Le Saux poursuit sa migration en partant au Canada, et Guy Chapron retourne à Concarneau, trois familles s'installent définitivement dans la commune et y font souche.

Elles apportent beaucoup à Bretteville. Leur dynamisme, leur altruisme, leur besoin de se rendre utile à leurs concitoyens méritent d'être rappelés. Ces bretons, d'origine sociale très modeste, veulent vivre mieux mais aussi que l'on vive mieux autour d'eux. Ils sont à l'origine du Marché du jeudi matin, de l'Aide familiale à domicile locale, de l'Association du Football actuelle, de la construction du Foyer communal, du TEF du Cingal, du lancement de manifestations sportives et d'un comité des fêttes très populaire. Plusieurs membres de ces familles deviennent conseillers municipaux : (Marie Mézou, Jean Lavenant, Paul Bourneuf et un descendant : Yves Mézou) avec le désir de promouvoir la solidarité et la justice sociale.

Quel est le parcours de chacun d'entre eux et quelles sont leurs réalisations marquantes ?

Rappel des familles concernées :

Paul Bourneuf marié à Marie Le Saux.

Pierre Mézou marié à Marie Lemeur.

Jean Lavenant, célibataire, puis marié à Louisette Quenecan.

Robert Le Saux, célibataire, puis marié à Thérèse Letourneur.

Guy Chapron, célibataire, puis marié à Colette Matisse

Pierre et Marie Mézou

A Grace, petite commune des Côtes d'Armor la jeune Marie Lemeur présidente de la JAC section féminine des Côtes d'Armor partage sa vie entre les travaux à la ferme familiale et son activité militante au sein de l'association.

Pendant l'occupation nazie de la France, la jeune Marie participe à la résistance bretonne et son action est reconnue par plusieurs décorations.

Elle se marie en 1946 avec Pierre Mézou, un militant de la JAC. Ils auront 6 enfants.

Le jeune couple espère s'établir sur une ferme dans le Finistère où vit la famille de Pierre mais, sans argent, ils reviennent à Grace chez les parents de Marie. C'est alors que Mademoiselle de la Gournerie, de vieille noblesse bretonne et propriétaire à Bretteville sur Laize, leur propose sur cette commune 25 ha à exploiter et le logement dans une baraque en bois de 3 pièces, Chemin de la Grosse Butte au voisinage du futur "Hanger Mézou" si apprécié pour tout type de réunion conviviale. Ils déménagent plus tard pour s'installer dans une habitation sans électricité au Grand Moulin. Pierre, très bricoleur répare la roue à aube du moulin pour activer un alternateur. Ils sont rejoints au Grand Moulin par Paul et Marie Bourneuf née Le Saux, soeur de Paul et de Robert Le Saux amis militants de la JAC.

La famille Mézou se spécialise dans l'élevage de la volaille et des pondeuses. Marie et Pierre créent l'Association d'aides familiales. Les deux premières jeunes filles embauchées épousent respectivement Robert Le Saux et Guy Binoche. Marie est élue conseillère municipale en 1971. Le couple Mézou prend sa retraite dans une coquette maison rue Marcel Pelluet.

Paul et Marie Bourneuf

Paul Bourneuf

Paul Bourneuf (dernier d'une famille nombreuse de 11 enfants) est né à Oisseau en Mayenne le 25 juin 1925. Il n'est pas d'origine bretonne mais, militant de la JAC, son séjour de 6 mois à "l'Expo de la Maison Rurale" et son mariage avec Marie Le Saux (bretonne de pure souche), un peu breton. Ils auront cinq enfants. Cette expo, initiée et animée par Paul Le Saux, frère de Marie a duré de 1947 à 1950. Paul apporte une certaine fraîcheur à l'équipe, amuse tout le monde et rencontre Marie Le Saux, la soeur de son grand ami Paul Le Saux. Ils se marient le 31 mars 1948 à Pont Aven et viennent s'installer au Grand Moulin à Bretteville, en s'associant avec Pierre et Marie Mézou pour vivre une communauté de travail qui fonctionne pendant 3 ans. Ils décident ensuite de créer chacun sa propre activité. Les Mézou : élevage de poulets, les Bourneuf : agriculture. Ils fabriquent de la crème et Paul en vend un peu en porte à porte à Bretteville un jour de la semaine. Puis des légumes sont proposés à la vente avec sa crème. C'est le démarrage du maraîchage. Puis, en 1955 Paul décide de s'installer uniquement sur la place de Bretteville, le jeudi matin. Le marché du jeudi, à Bretteville, est né. En même temps, Paul s'implique dans la vie locale. Il fonde l'actuel
club de football dont Jean assurera au bout d'un an la présidence. Il crée aussi un Comité des fêtes avec les défilés des chars. Son domicile devient le lieu de rencontre et de réflexion de la gauche locale naissante. Paul est élu conseiller municipal en 1977 sur une liste de gauche. Après le décès de Paul en 1982, Marie (Mimi) habitera une maison entourée de fleurs en bordures de la Laize. Elle décède en 2010. Le couple repose au cimetière de Quilly.

Mimi Bourneuf

Jean Lavenant dit le "Chanoine"

Jean Lavenant troisième enfant d'une famille bretonne naît à Saint Aignan dans le Morbihan. Il a la chance de rencontrer des "instituteurs-éducateurs". Il quitte l'école avec le certificat d'études et revient sur la petite ferme de ses parents (moins de 10 ha) en devenant petit commis dans la campagne environnante. Il participe avec les jeunes à la vie associative : patronage tennis de table, football, théâtre, fanfare locale. En même temps, il suit des cours du soir d'agriculture avec l'un des instituteurs et entre en politique au MRP (Mouvement Républicain Populaire, chrétien centriste). La JAC accueille ce jeune militant qui fonde une section avec de nombreux camarades. "Nous cherchions une route qu'on ne connaissait pas et qu'il fallait créer" (Jean).

Fin 1947 Jean prend contact avec la JAC régionale déjà structurée. Suite au travail accompli dans les campagnes par les militants en pratiquant la méthode "VOIR-JUGER-AGIR" un groupe de travail aniimé par Paul Le Saux (frère de Marie Bourneuf), prend en charge le lancement d'une exposition itinérante : "La Maison Rurale". Jean s'y engage avec le surnom de "Le Chanoine". Jean précède l'exposition à bicyclette dans les villes d'accueil pour y préparer l'implantation. L'exposition sillonne 15 départements. Elle couvre une surface de 600 m² et pèse 45 tonnes. Elle montre la façon d'amiéliorer une ancienne maison en fournissant et une information pour y parvenir et promeut les équipements ménagers (machine à laver). Avec Robert Le Saux et Guy Chapron il rêve de s'installer au Normandie pour y travailler en communauté. Les 3 camarades cherchent à se rapprocher des Bourneuf et des Mézou. Ils trouvent une ferme à Carpiquet, mais sans argent ils se retrouvent hébergés au Grand Moulin. Un entrepreneur de battage leur vend son affaire. Le Crédit Agricole leur prêtre 2 millions 500.000 francs de l'époque. L'emprunt se réalise au nom de Robert Le Saux, mais il semble qu'aucun statut ne soit établi entre les 3 amis. Leur comptabilité un peu floue repose sur leur confiance réciproque et les dépenses courantes sont réduites au minima. Ils mènent une vie communautaire, logent au Grand Moulin et font table commune. Cette entreprise de battage itinérante circule de ferme en ferme après la moisson poru battre les céréales récoltées en gerbes et entreposées dans les bâtiments agricoles. L'arrivée des moissonneuses-batteuses dans la plaine sonne le déclun de l'entreprise. Très marqu"és par les privations pour honorer les lourds remboursements de l'emprunt ils décident de changer d'activité. Le matériel est revendu. Jean se marie avec Louisette Quenecan en 1952. Ils ont 3 enfants. Jean travaille successivement comme mécanicien dans un garage à Bretteville sur Laize puis dans un autre garage à Thury Harcourt et enfin à la Société Demoulin de Caen.

Un terrible accident de la route en 1982 lui fait perdre la vue. Mais il ne se plaint jamais et sa silhouette familière se promène quotidiennement dans son quartier. Un lecteur de CD fixé à son fautueil lui permet l'accès à de nombreux ouvrages littéraires. Depuis 1959 il réside avec son épouse rue François Mitterand. Fidèle à son engagement à la JAC, il a participé activement à la vie associative et politique de la commune. Ancien président du jeune club de football et l'initiateur d'une maison des jeunes, l'actuel foyer communal. En 1992, sous son impulsion, est créée l'Association travail emploi formation du Cingal qu'il préside. Elu conseiller municipal de gauche en 1965, il le reste jusqu'en 2008.

Robert Le Saux, dit "L'Autruche"

Naît à Pontaven le 18 mai 1929 dans une famille de 8 frères et soeurs. Il suit des études secondaires et obtient son bac en 1947. Puis il milite à la JAC dans le secteur de Riec sur Belon en Cornouaille de juillet 47 à février 48. Ensuite il est embauché d'avril 1948 à juin 1949 à l'Exposition de la maison rurale sous le nom de "L'Autruche". En 1951, il organise une entreprise de battage dans la Plaine de Caen avec Jean "Le Chanoine" et Guy "Binoche", deux anciens de l'expo. De 1953 à 1954 il séjourne 2 ans au Canada et se marie en 1955 avec Thérèse Letourneur aide familiale. En 1956 il devient instituteur dans un établissement privé à Concarneau et entre la même année à AIR FRANCE comme agent et termine cadre en 1986. A la retraite, il se retire à Estoublon dans les Alpes Maritimes.

Guy Chapron, dit "Binoche"

Il est aussi bénévole à l'Expo. Il naît à La Chapelle Saint Florent (Maine et Loire) en 1928. Après des études en collège il est apprenti charpentier. Très intrépide, il rend de grands services à l'exposition itinérante. Il épouse Colette Matisse une aide familiale recrutée par Marie Mézou et après l'entreprise de battage, rejoint Concarneau où il se fait embaucher comme docker. Il y prend sa retraite et meurt accidentellement un an après en tombant du toit de sa maison. Des relations étroites sont conservées entre les survivants et les descendants de cette aventure généreuse d'une jeunesse à l'origine modeste mais cultivée et entreprenante. Cette poignée de jeunes militants de la Jeunesse Agricole Catholique, majoritairement bretons, basée au Grand Moulin, a fortement contribué à l'évolution de notre commune. Ces récits ont été recueillis auprès de Marie Mézou, Jean et Louisette Lavenant, Marie-Noelle Pillet, fille de Paul et Marie Bourneuf, Robert Le Saux, Colette Chapron et Yves Mézou fils de Pierre et Marie Mézou.
 

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